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Swiss Technopole, le moteur rugit plus fort

Le plus grand parc technologique de Suisse connaît un tel succès qu’une stratégie de sélection s’est substituée à celle déployée jusqu’à récemment pour attirer des implantations.

Nous souhaitions maintenir le siège européen et le site de production assez proches et Y-Parc présentait l’option la plus intéressante. Là, on est à 20 minutes», expliquait en novembre 2017 Hervé Hoppenot, CEO d’Incyte. Avec 100 millions de francs investis pour son site de production sur un terrain de 21 000 m2, et 46 000 m2 réservés autour, le choix de la pharma américaine illustre le rôle de locomotive que jouent les grandes entreprises pour un tel parc.

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Explorit sera «un vrai lieu de vie»
Quand Florent Plé évoque la croissance du parc et le développement des services, il est un bâtiment emblématique qui concentre l’attention: Explorit. Au cœur du parc, ce bâtiment aux parois dorées et aux formes uniques sort du lot. A l’origine de ce projet, l’entrepreneur zurichois d’origine marseillaise Jean Christophe Gostanian a imaginé un lieu de vie et de découverte au centre de ce parc d’activités: commerces, restaurants et cafés, pharmacie, salles de cinéma, MakerSpace, mais aussi un centre pédagogique et ludique destiné aux enfants, sans oublier des bureaux et espaces de travail pour des startups et entreprises. «Nous avons l’ambition d’être un vrai lieu de vie, en semaine avec les personnels des entreprises du parc qui viendront faire des achats, se restaurer, se divertir, et en soirée ou le week-end avec des visiteurs externes pour les espaces de découverte dédiés aux enfants. Ce faisant, Explorit peut devenir l’interface qui connecte encore mieux Y-Parc avec les habitants de la région», détaille le CEO d’Explorit.

Avec 70 millions de francs investis sur le site, Jean Christophe Gostanian mise sur Yverdon et voit son Explorit comme un projet pilote: «A terme, j’envisage un Explorit à Bâle, un autre à Zurich, un autre au Tessin, en plus de celui-ci.» Celui qui est devenu l’un des acteurs majeurs de la robotique humanoïde en Suisse avec les entreprises NAO et Avatarion a vu son chantier avancer malgré la pandémie et la crise. Et si l’ouverture prévue en décembre a été repoussée fin mars, les six étages d’activités d’Explorit devraient devenir une ruche grouillante d’activités dès ce printemps.

Et pour développer son concept, Jean Christophe Gostanian a opté pour un modèle original, avec des loyers bas par rapport au marché. «Quand on paie dans la partie loisir/scientifique 100 francs le mètre carré, on a une autre marge de manœuvre que lorsqu’on paie des loyers élevés. Cela permet d’amener des prix humains et aussi de se contenter de peu de visiteurs, afin de ne pas avoir besoin d’atteindre des centaines de milliers de visiteurs pour atteindre le break even», avance l’entrepreneur.

Celui-ci, cependant, n’envisage pas de rester impliqué durablement dans le volet immobilier: «A terme, je vendrai le bâtiment avec la partie services et entreprises, et je garderai la partie loisirs. Ma vision est d’amener des activités non finançables portées par des activités finançables. Car le loisir n’est pas là pour faire du rendement, mais pour attirer du monde et avoir un apport sur le plan pédagogique et culturel.»

Le modèle d’Explorit fait écho à celui prôné par Juliana Pantet et son équipe. «La clé, c’est d’offrir de la flexibilité. Tout a été pensé pour ces besoins: coaching, flexibilité, baux de courte durée pour une startup,
complémentarité des activités pour des PME… Nous avons notamment négocié avec certains propriétaires de bâtiments qu’ils amortissent le coût d’aménagement des laboratoires sur la durée du bail, au lieu que la société doive se tourner vers une banque. Nous avons aussi des baux sur une année, ce qui est rare pour des baux commerciaux, où ils courent généralement sur cinq ans, ce pour quoi une startup peut difficilement s’engager.»

Article Bilan (27.01.2021)

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